Dans l’article Gestures of Care, the Invisible Power of Mothering Love, paru dans la revue Azimuth n°24 en 2024, je propose une méthode d’analyse du geste de soin fondée sur une distinction entre gestes visibles et gestes invisibles.

J’y dresse une liste de gestes de soin — certains immédiatement perceptibles, d’autres presque imperceptibles — afin de montrer que cette catégorie du visible et de l’invisible constitue en réalité une méthode pour valoriser le soin.

L’article tend à démontrer que l’économie du soin repose largement sur une multitude de micro-gestes, le plus souvent exécutés par des femmes, qui permettent au tissu social et économique de fonctionner sans être reconnus ni rémunérés.

Dans la continuité du projet RCGE de Duke University, je soutiens que valoriser ces gestes dans l’économie globale implique de transformer notre manière de les percevoir.

En m’appuyant sur la théorie du “Cycle of Care” de la philosophe Joan Tronto, je montre que la valeur d’un geste de soin ne réside pas uniquement dans son résultat, mais dans sa dynamique d’exécution : dans l’attention portée, dans la qualité du mouvement, et dans le ressenti de la personne soignée.

Ainsi, la valeur du soin repose d’abord sur un geste invisible : l’attention prêtée aux gestes eux-mêmes. C’est ce premier mouvement, discret mais fondateur, qui conditionne la portée de tous les autres.