À propos

La Gestothèque considère le geste comme archive vivante : savoir, technique et instrument de transmission

Histoire de l’anarchive

Le geste est l’unité minimale de tout système technique ou de communication.

Chaque micro-action met un réseau en mouvement.

Le concept d’anarchive propose un catalogue ouvert de gestes. Le geste y devient objet, seuil entre corps, technique et outil de connaissance située.

PETITE
HISTOIRE
Du
Projet

Le projet de La Gestothèque fut initié en 2004, dans le sud de l’Inde, par une étude ethnographique du théâtre classique et des techniques du corps.

Analysant les séries de gestes codifiés de la performance des théâtres du Kerala, j’ai abordé le mouvement comme une forme de connaissance située — transmise, répétée et affinée au fil des générations.
Le geste ne se présentait pas seulement comme expression, mais comme technique, une archive prise au sein d’une écologie de pratiques.

Au cours de la décennie suivante, ma recherche s’est ensuite orientée vers l’anthropologie expérimentale — j’ai produit une série de dispositifs afin de documenter la vie des gestes.
Je me suis alors dirigée vers les laboratoires de capture de mouvement.
À mesure que ma connaissance des technologies interactives et mobiles se développait, une nouvelle question m’est apparue : comment la quantification du mouvement en séries de gestes re-définit-elle la valeur de l’action humaine ?

Lorsque les gestes sont suivis, mesurés et traduits en code, ils deviennent des données — optimisées en vue de leur circulation au sein des systèmes techniques. Cette part de la recherche m’a permis de définir le concept de « gestes augmentés » (par et pour la technologie). Elle m’a encore permis de tracer l’héritage des sciences modernes dans l’analyse et la standardisation du mouvement afin de mettre en valeur les injustices épistémiques liées à leurs usages.

Aujourd’hui, le projet s’étend désormais à l’analyse des gestes de soin: le Care.
Au-delà des environnements rituels et numériques, l’attention se porte sur les actes quotidiens de soutien et de responsabilité. Il s’agit de collecter des gestes qui prennent soin de la vulnérabilité des corps, et de la relation à nos environnements.

Le geste est ici compris comme lieu d’engagement éthique et écologique.


Ma recherche traverse l’anthropologie classique et expérimentale, du théâtre indien aux laboratoires de capture de mouvement.
Elle interroge la « quantification de l’action » et explore comment les technologies redéfinissent la valeur du geste.


Anne Dubos

Anthropologue et Artiste